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Classement 2024 des ESN et ICT : Sopra Steria détrône SCC France
Par Thierry Derouet, publié le 17 octobre 2024
L’année 2024 s’annonce tumultueuse pour les ESN et ICT françaises, secouées par l’irruption de l’intelligence artificielle, qui redistribue les cartes dans le secteur. Le dernier classement annuel en France, établi par Numeum et KPMG à partir des chiffres d’affaires de 2023, vient confirmer cette tendance.
L’étude « Grand Angle ESN & ICT 2024 », réalisée par KPMG et Numeum, s’enrichit aujourd’hui du classement 2024 des principales entreprises de services numériques (ESN) et d’ingénierie et de conseil en technologies (ICT) françaises. L’analyse comparative des chiffres d’affaires de 2023 par rapport à ceux de l’année précédente révèle des évolutions significatives, illustrant les tendances actuelles du marché et les transformations stratégiques opérées par les acteurs clés du secteur*.
Capgemini, un leadership consolidé
Capgemini demeure solidement ancré à la première place du classement, renforçant même sa position. Son chiffre d’affaires passe de 4 276 millions d’euros à 4 537 millions d’euros, confirmant sa capacité à croître malgré un contexte économique incertain.
Sopra Steria, une ascension remarquable
L’entreprise progresse de la quatrième à la deuxième place, avec un chiffre d’affaires passant de 2 039 millions d’euros à 2 808 millions d’euros. Cette croissance notable reflète la solidité de Sopra Steria sur le marché français des services numériques.
Accenture maintient le cap
Accenture conserve sa troisième place tout en enregistrant une augmentation de son chiffre d’affaires, de 2 387 millions d’euros à 2 744 millions d’euros. Cette stabilité au sein du trio de tête atteste de sa capacité à rester compétitive sur le marché français, en misant sur des services à forte valeur ajoutée et une expertise reconnue dans le conseil en technologie.
SCC France recule malgré la croissance
SCC France, bien que voyant son chiffre d’affaires légèrement augmenter de 2 616 millions d’euros à 2 718 millions d’euros, recule de la deuxième à la quatrième place. Ce recul s’explique par la croissance plus rapide de Sopra Steria et Accenture. Cette situation illustre la nécessité pour SCC France de dynamiser davantage sa stratégie pour regagner du terrain face à ses concurrents directs.
Atos : passera, passera pas, 2025
Atos reste à la cinquième place, mais son chiffre d’affaires connaît une légère diminution, passant en France de 1 960 millions d’euros à 1 867 millions d’euros. Cette baisse, bien que modérée, est loin de refléter sa situation actuelle globale. En effet, Atos se trouve actuellement dans une situation critique, exacerbée par une dette colossale et une dégradation continue de ses performances financières. En 2024, après six mois de conciliation avec ses créanciers, l’entreprise a vu son plan de sauvegarde présenté au Tribunal de commerce de Nanterre, qui rendra sa décision fin octobre. Le démantèlement du groupe refait également surface comme un scénario possible. Déjà envisagée l’an dernier, la scission des activités d’infogérance d’un côté, et du cloud et de la cybersécurité de l’autre, pourrait revenir au premier plan.
Orange Business Services, CGI France et Alten progressent
Orange Business Services gagne une place, passant du septième au sixième rang, avec une augmentation de son chiffre d’affaires de 1 494 millions d’euros à 1 803 millions d’euros. CGI France améliore sa position de la neuvième à la septième place, son chiffre d’affaires passant de 1 286 millions d’euros à 1 534 millions d’euros. De même, Alten progresse de la dixième à la huitième place, augmentant son chiffre d’affaires de 1 178 millions d’euros à 1 298 millions d’euros. Econocom recule d’une place, passant de la huitième à la neuvième position. Son chiffre d’affaires diminue de 1 457 millions d’euros à 1 245 millions d’euros.
Inetum entre dans le top 10
Nouvel entrant dans le classement, Inetum se hisse à la dixième place avec un chiffre d’affaires de 1 057 millions d’euros. Cette entrée dans le top 10 souligne la montée en puissance de l’entreprise sur le marché français. Elle reflète une stratégie offensive et une capacité à répondre aux attentes du marché en matière de transformation digitale.
IBM France sort du classement
L’absence notable d’IBM France, auparavant sixième avec un chiffre d’affaires de 1 740 millions d’euros, est due à la scission de ses activités d’infrastructure gérée en une nouvelle entité, Kyndryl, qui s’est séparée d’IBM en novembre 2021. Cette restructuration a eu un impact significatif sur le chiffre d’affaires d’IBM France, contribuant à sa sortie du classement des dix premières entreprises.
Perspectives pour l’avenir
L’étude souligne également l’importance croissante des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Les entreprises qui intègrent ces dimensions dans leur modèle d’affaires pourraient bénéficier d’un avantage compétitif supplémentaire, notamment dans les appels d’offres où ces critères prennent une place de plus en plus significative.
En somme, le classement 2024 des ESN et ICT françaises reflète un marché dynamique, où les performances financières sont étroitement liées à la capacité des entreprises à anticiper les tendances, à innover et à répondre aux exigences d’un monde numérique en constante évolution.
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