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Le renouveau du stockage : protection, sauvegarde et archivage
Par La rédaction, publié le 10 novembre 2022
Stockage : le full flash, maître des lieux
SSD, DDR, NAS, cloud… les technologies motrices du stockage s’empilent avec les nouveaux cas d’usage. Tour de piste de ce qu’il faut considérer aujourd’hui.
Le chiffrement de bout en bout bientôt possible ?
Le chiffrement des données s’est rapidement démocratisé, que ce soit pour les transferts réseau ou le stockage. Il reste toutefois un endroit où les données sont stockées en clair : la mémoire vive de l’ordinateur. Avec ses Ryzen Pro, AMD introduit la technologie Memory Guard, qui chiffre cet espace. IBM propose lui aussi un chiffrement transparent de l’espace mémoire sur son processeur Power10. Avec la démocratisation des bases de données fonctionnant intégralement en mémoire (in-memory), la mémoire vive devient un espace de stockage à part entière. À terme, le recours au chiffrement devrait donc aussi s’y imposer.
Quand on parle de standard par défaut en matière de stockage, deux technologies sont à retenir en 2021 : DDR4 côté mémoire vive et SSD NVME côté stockage. Un couple devenu commun sur les ordinateurs de bureau, mais également sur les serveurs. Sauf besoins très précis, induisant le recours à de grosses capacités de stockage (montage vidéo, vidéosurveillance…), les disques durs traditionnels ne se justifient plus sur les postes de travail et serveurs de production. Place au full flash !
Le stockage sur de la mémoire flash propose de multiples avantages : un temps d’accès aux données négligeable, des débits pouvant aisément dépasser le gigaoctet par seconde sur des unités NVME (Non Volatile Memory Express), des besoins en énergie réduits et donc une dissipation thermique modérée. La sécurité est également facilitée au travers du chiffrement matériel intégré à la plupart des SSD. Une fois le mot de passe d’accès fixé dans le firmware de l’ordinateur, les données seront protégées, sans altération des performances. Avantage supplémentaire : lors du décommissionnement de l’ordinateur, la procédure d’effacement sécurisé du disque (Secure Erase) ne prendra que quelques secondes, puisqu’elle consiste à réinitialiser la clé de chiffrement interne du SSD.
Le SAN détrôné par le NAS ?
Sur les infrastructures serveurs complexes, le stockage local cède souvent la place à une offre réseau, de type SAN (Storage Area Network). Elle est en général reliée aux serveurs par une connectique Fibre Channel, voire du iSCSI, qui s’appuie sur un réseau Ethernet classique, et est donc plus économique à mettre en œuvre. Les NAS (Network Attached Storage) sont d’autres types de systèmes de stockage réseau, qui s’appuient sur des protocoles de partage de fichiers comme le NFS ou le CIFS, respectivement communs sur UNIX et Windows. La montée des performances des NAS et des réseaux Ethernet en font aujourd’hui des alternatives de plus en plus crédibles aux solutions SAN.
Enfin, il est tentant de stocker les données actives de l’entreprise directement dans le cloud. C’est d’ailleurs ce que nombre d’organisations font en utilisant une messagerie web, les mails restant alors stockés chez l’opérateur. Des systèmes comme OneDrive, Google Drive, iCloud, Dropbox, pCloud et kDrive permettent de monter un espace de stockage distant sur le bureau de l’ordinateur et d’y stocker des documents en toute transparence. Attention toutefois, car si les acteurs du secteur proposent une garantie de bon fonctionnement des systèmes de stockage mis à disposition de leurs clients, la sauvegarde ne fait pas toujours partie des fonctionnalités proposées : en cas de crash, l’opérateur saura donc remettre en place les fichiers, mais il ne pourra en aucun cas restaurer un document ou un mail effacé par erreur ou des fichiers chiffrés par un rançongiciel. La bande passante réseau requise pour une utilisation fluide de ces services peut également être un frein à l’utilisation de solutions cloud.
Le RAID, une protection toujours essentielle
La technologie RAID associe plusieurs unités de stockage afin d’améliorer les performances (par répartition) et la fiabilité (par réplication). Avec les SSD, très performants et sûrs, il est tentant d’abandonner le RAID, dont la mise en œuvre reste onéreuse. Il ne faut toutefois pas oublier le coût d’une rupture d’activité globale de l’entreprise. Utiliser du RAID sur les équipements critiques, comme les serveurs, reste donc indispensable. Il est recommandé d’utiliser du RAID 1 sur un système de stockage à deux unités, ou du RAID 5 lorsque le nombre de SSD est plus important.
Le chiffrement de bout en bout bientôt possible ?
Le chiffrement des données s’est rapidement démocratisé, que ce soit pour les transferts réseau ou le stockage. Il reste toutefois un endroit où les données sont stockées en clair : la mémoire vive de l’ordinateur. Avec ses Ryzen Pro, AMD introduit la technologie Memory Guard, qui chiffre cet espace. IBM propose lui aussi un chiffrement transparent de l’espace mémoire sur son processeur Power10. Avec la démocratisation des bases de données fonctionnant intégralement en mémoire (in-memory), la mémoire vive devient un espace de stockage à part entière. À terme, le recours au chiffrement devrait donc aussi s’y imposer.
3 QUESTIONS À – Laurent Sirgy, directeur France SEMEA, Kingston Technology
Les pénuries de composants touchent-elles aussi le monde de la mémoire ?
Le marché de la RAM et des SSD est tendu depuis un moment, et ce pour plusieurs raisons. Pour les SSD, la demande s’oriente vers de plus grandes capacités que les 120 Go et 240 Go délivrés jusqu’alors. La tendance se fixe aujourd’hui sur des unités de 1 To. Or, des SSD de plus grande capacité nécessitent plus de composants flash. De plus, la crise sanitaire s’est accompagnée d’une augmentation des ventes d’ordinateurs portables, mais aussi de serveurs, ce qui a renforcé la pénurie de composants.
Les datacenters sont aussi de gros consommateurs de mémoire et unités de stockage. Enfin, la demande explose chez les industriels, par exemple dans le secteur de l’automobile qui utilise beaucoup de mémoire vive et flash. La demande en mémoire n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. Y répondre nécessitera la mise en place de nouvelles unités de production.
Quelles sont les tendances du stockage et de la mémoire dans le secteur des serveurs ?
Je ne peux imaginer aujourd’hui un serveur sans SSD, car les gains en performances apportés par la technologie flash sont décisifs. Au début du quatrième trimestre 2020, nous avons constaté une explosion de la demande sur les SSD NVME pour serveurs. Beaucoup de fabricants et d’intégrateurs basculent sur cette technologie. C’est une des grandes tendances du marché.
Côté RAM, la demande a flambé elle aussi en fin d’année 2020, dans des proportions jamais vues. Avec le télétravail, le nombre d’utilisateurs de services cloud a grimpé en flèche, et avec lui les besoins en puissance et mémoire des datacenters. La situation devrait rester tendue au moins jusqu’à la fin de l’année 2021.
Enfin, nous avons identifié une troisième tendance : les mises à jour de serveurs. Si les achats de nouveaux serveurs progressent, nous constatons aussi une forte demande d’évolution de serveurs existants. Les entreprises veulent gagner en puissance et capacité en ajoutant de la mémoire vive à leurs machines.
Les SSD tendent à s’imposer dans les SAN… mais aussi sur les NAS ?
Tout à fait. Nous constatons une forte demande dans ce sens chez nos distributeurs. Si la question d’installer des SSD sur un NAS ne se posait pas en 2019, depuis 2020 nous assistons à une belle croissance de leur utilisation dans ces équipements. Les SSD sont plus silencieux que des disques durs classiques, plus rapides, consomment moins et chauffent peu. Le marché s’oriente plutôt sur des SSD SATA, mais nous commençons à voir de la demande autour de modèles NVME.
À noter, le RAID est une bonne solution pour parer aux pénuries de SSD de grande capacité. Il suffit d’associer plusieurs SSD en RAID 5 dans un même NAS pour accroître l’espace de stockage total (NDLR : capacité totale d’un système RAID 5 = capacité unitaire des SDD * n-1 unités installées).